Rendement locatif d'un bien détenu à titre privé
Une annonce affiche un rendement brut. Entre ce chiffre et ce qui arrive vraiment sur votre compte, il y a les charges, l'entretien, la vacance, les frais d'acquisition, les intérêts et l'impôt sur les loyers. Voyez les trois rendements côte à côte, et ce qu'il reste chaque mois. Calcul pour une détention en nom propre, pas via une société.
Calcul pour un bien détenu à titre privé (détention en société : autres exigences de fonds propres et imposition des bénéfices, ce calculateur ne s'y applique pas). Les trois hypothèses d'exploitation ci-dessus sont des usages de marché modifiables, pas des règles : l'entretien de 1 % est le forfait que les banques suisses retiennent elles-mêmes pour juger une charge, les deux autres sont des ordres de grandeur courants. Les frais d'acquisition de votre canton, eux, viennent de notre configuration versionnée. Estimation indicative, personne seule au chef-lieu ; votre décompte fait foi.
Sur ce qui sort chaque mois, CHF 417 ne se perdent pas : c'est l'amortissement, qui rembourse votre dette. En patrimoine, l'opération vous rapporte donc CHF 518 par mois, dont CHF 417 en capital.
Trois pièges propres au rendement suisse
Le 2e pilier est exclu. Ni retrait ni mise en gage : l'encouragement à la propriété du logement ne vaut que pour le logement que vous habitez. Un bien de rendement se finance sur vos seuls fonds propres durs, et il en faut 25 % en détention privée.
Les loyers sont imposés. À votre taux marginal, celui de votre dernière tranche de revenu. Les intérêts et l'entretien sont déductibles, l'amortissement non. Un cash-flow présenté avant impôt est toujours flatteur.
Le levier joue dans les deux sens. Emprunter davantage augmente le rendement de vos fonds propres tant que le bien rapporte plus que le taux. Au renouvellement, une hausse de taux inverse le calcul et peut vider le cash-flow.
Et si le bien est détenu par une société ? Ce calculateur ne s'applique pas. Les exigences de fonds propres montent en général à 25 voire 33 % selon la banque et l'objet, et surtout la fiscalité change de nature : les loyers ne s'ajoutent plus à votre revenu personnel mais forment un bénéfice imposé au niveau de la société, avant une éventuelle distribution de dividende imposée une seconde fois chez vous. Comparer les deux détentions demande de mettre en face le taux d'imposition de la société, votre taux marginal et votre horizon de détention : c'est une question de structure, pas de rendement, et elle se tranche avec votre fiduciaire.
À la revente, la plus-value est frappée par l'impôt cantonal sur les gains immobiliers, d'autant plus lourd que la détention a été courte. Et pour comparer plusieurs objets, retenez le rendement NET : c'est le seul comparable d'un bien à l'autre, parce qu'il intègre les frais d'acquisition, qui varient fortement selon le canton.
Questions fréquentes
Quelle différence entre rendement brut, net et sur fonds propres ?+
Le rendement BRUT divise les loyers annuels par le prix d'achat : c'est le chiffre des annonces, et il ignore tout. Le rendement NET déduit l'entretien, les charges non récupérables, la gérance et la vacance, et rapporte le résultat au coût réel de l'opération, frais d'acquisition compris. Le rendement SUR FONDS PROPRES mesure ce que rapporte l'argent que vous avez réellement immobilisé, une fois les intérêts payés : c'est lui qui traduit l'effet de levier. Un même objet peut afficher 4 % brut, 2,5 % net et 4,5 % sur fonds propres.
Pourquoi les loyers sont-ils imposés, et à quel taux ?+
Les loyers encaissés sont un revenu, ajouté à vos autres revenus et imposé à votre taux MARGINAL, donc au taux de votre dernière tranche, pas à un taux moyen. En contrepartie, les intérêts hypothécaires et les frais d'entretien sont déductibles ; l'amortissement ne l'est pas, puisqu'il rembourse du capital. C'est l'oubli le plus fréquent des calculateurs de rendement, et il suffit à transformer un cash-flow annoncé positif en cash-flow réellement négatif.
Combien de fonds propres faut-il pour un bien de rendement ?+
En détention privée, les banques suisses exigent en général 25 % de la valeur, contre 20 % pour une résidence principale. Et surtout, le 2e pilier ne peut PAS être utilisé : ni retrait, ni mise en gage. L'encouragement à la propriété du logement est réservé au logement que vous habitez. C'est l'erreur numéro un des premiers investisseurs, qui comptent leur LPP dans l'apport.
Un cash-flow négatif signifie-t-il que l'investissement est mauvais ?+
Pas nécessairement. Une partie de ce que vous versez chaque mois est de l'amortissement, c'est-à-dire de l'épargne forcée qui réduit votre dette et augmente votre patrimoine. Un cash-flow légèrement négatif peut rester un bon placement si la valeur du bien et les loyers progressent. Ce qui compte, c'est de pouvoir le porter durablement avec vos autres revenus, et de ne pas se le cacher au moment de signer.
D'où viennent l'entretien, les charges et la vacance retenus par défaut ?+
Ce sont des usages de marché, pas des règles réglementaires, et c'est pour cela qu'ils sont MODIFIABLES dans le calculateur. L'entretien de 1 % de la valeur par an est le forfait que les banques suisses retiennent elles-mêmes pour juger la charge d'un bien : prudent pour un objet récent, parfois insuffisant pour un immeuble ancien. Les charges non récupérables (6 % du loyer par défaut) couvrent la gérance, les assurances et la part de charges PPE non refacturable au locataire. La vacance de 3 % est une marge de sécurité : le taux de logements vacants suisse est plus bas, mais un mois sans locataire sur trois ans représente déjà près de 3 %. Mettez-la à zéro pour voir le scénario sans interruption, l'écart vous dit à quel point votre calcul en dépend.
Ce calculateur vaut-il pour un bien détenu par une société ?+
Non, il est prévu pour une détention à titre PRIVÉ, en nom propre. En société, deux choses changent : les banques exigent davantage de fonds propres, souvent 25 à 33 % selon l'objet, et surtout la fiscalité change de nature. Les loyers ne s'ajoutent plus à votre revenu personnel imposé au taux marginal : ils forment un bénéfice imposé au niveau de la société, puis une éventuelle distribution de dividende est imposée une seconde fois chez vous. Le choix entre les deux détentions dépend de votre taux marginal, du taux d'imposition de la société et de votre horizon : il se tranche avec une fiduciaire, pas avec un calculateur de rendement.
Pourquoi les frais d'acquisition entrent-ils dans le calcul ?+
Parce qu'ils sortent de votre poche le jour de l'achat et ne reviendront jamais : droits de mutation, notaire, registre foncier et cédule hypothécaire. Selon le canton, ils vont d'environ 0,4 % à un peu plus de 4 % du prix. Les ignorer surestime le rendement net et sous-estime le capital réellement immobilisé, donc fausse les deux chiffres qui comptent.
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