Taux d'effort
Part de votre revenu brut absorbée par les charges du logement ; les banques suisses la veulent au maximum au tiers, soit 33 %.
C'est une division : les charges annuelles du bien, plus vos dettes existantes (crédit, leasing), divisées par votre revenu brut annuel. Les charges retenues ne sont pas celles que vous paierez réellement : la banque les calcule au taux théorique de 5 %, ajoute 1 % du prix pour l'entretien et l'amortissement de la 2e hypothèque. Si le résultat dépasse le tiers du revenu, le dossier est refusé, même si vous pourriez payer sans peine au taux du marché actuel.
Le piège : Ne le confondez pas avec le taux d'avance : l'un rapporte les charges au REVENU, l'autre rapporte la dette à la VALEUR DU BIEN. « Taux d'endettement », qu'on lit souvent, est un calque du français de France, où la limite est de 35 % : en Suisse, la règle est le tiers et le calcul se fait à 5 %, pas au taux réel.
Taux d'avance (LTV)
Part du prix du bien financée par l'hypothèque : au maximum 80 % en Suisse, 90 % avec un nantissement du 2e pilier.
Le taux d'avance rapporte le montant emprunté à la valeur du bien. Pour un appartement à CHF 800'000 financé par CHF 600'000 d'hypothèque, il vaut 75 %. Les banques suisses ne dépassent pas 80 % à l'achat : le reste doit venir de vos fonds propres. La littérature anglophone parle de LTV, pour loan-to-value.
Le piège : C'est la grandeur que le taux d'effort n'est pas. Deux acheteurs peuvent avoir le même taux d'avance et des taux d'effort opposés, selon leur revenu.
Taux calculatoire (ou théorique)
Taux d'intérêt fictif de 5 % que les banques utilisent pour tester si vous tiendriez une hausse durable des taux.
Votre hypothèque coûte peut-être 1,5 % aujourd'hui, mais aucune banque suisse n'accorde un prêt sur cette base : elle refait le calcul à 5 %, un niveau qui correspond à la moyenne longue des taux hypothécaires. C'est une protection, pour elle comme pour vous : elle évite qu'un renouvellement à un taux plus élevé vous mette en difficulté.
Le piège : Conséquence pratique, votre charge « bancaire » est presque toujours bien plus lourde que votre charge réelle. Les deux méritent d'être regardées : la première décide de l'octroi, la seconde sort de votre compte chaque mois.
Charges théoriques
Somme calculée par la banque : intérêts à 5 %, entretien à 1 % de la valeur, et amortissement de la 2e hypothèque.
Ce total est le numérateur du taux d'effort. L'entretien forfaitaire de 1 % par an couvre les réparations, les charges de copropriété et le renouvellement des installations : la banque l'impose même si vous êtes bricoleur, parce qu'un toit se refait un jour.
1er rang et 2e rang
Les deux tranches de l'hypothèque : le 1er rang va jusqu'à 66,7 % de la valeur et ne s'amortit pas, le 2e rang couvre le reste et doit être remboursé.
Le 1er rang est la part la mieux garantie, celle que la banque accepte de laisser vivre indéfiniment : vous payez les intérêts, jamais le capital. Au-delà de 66,7 % de la valeur, la tranche supplémentaire s'appelle 2e rang, coûte souvent un peu plus cher, et doit être amortie en général sur 15 ans ou jusqu'à l'âge de la retraite.
Le piège : C'est la raison pour laquelle un apport supérieur au minimum allège doublement vos charges : il réduit les intérêts ET fait disparaître l'amortissement obligatoire, dès que l'hypothèque redescend sous 66,7 %.
Amortissement direct et indirect
Remboursement du 2e rang, soit en réduisant la dette (direct), soit en alimentant un 3e pilier remis en garantie (indirect).
En direct, chaque versement diminue l'hypothèque : les intérêts baissent, mais votre déduction fiscale aussi. En indirect, vous versez la même somme sur un pilier 3a nanti au profit de la banque : la dette reste au même niveau, donc les intérêts déductibles restent élevés, et le versement 3a se déduit lui aussi de votre revenu imposable. Le capital soldera l'hypothèque plus tard.
Le piège : L'indirect est presque toujours plus intéressant fiscalement, mais il suppose une discipline d'épargne et il immobilise le 3a. Ce n'est pas un choix purement mathématique.
SARON
Taux de référence du marché monétaire suisse, qui sert de base aux hypothèques à taux variable.
Le SARON remplace l'ancien LIBOR depuis 2022. Une hypothèque SARON suit ce taux, réajusté à intervalles courts, plus une marge fixe négociée avec la banque. Elle est en moyenne moins chère qu'un taux fixe sur longue période, mais votre mensualité bouge.
Le piège : Une hypothèque SARON n'est pas « sans risque parce que le taux est bas » : c'est vous qui portez le risque de hausse, alors qu'avec un taux fixe c'est la banque.
Cédule hypothécaire
Titre inscrit au registre foncier qui matérialise le gage de la banque sur votre bien.
En Suisse, l'hypothèque n'est pas qu'un contrat de prêt : elle s'appuie sur une cédule, un titre de gage immobilier créé chez le notaire et inscrit au registre foncier. La cédule est aujourd'hui le plus souvent « de registre », sans papier. Sa création coûte des émoluments qui font partie des frais d'acquisition.